Cas pratique corrigé de procédure pénale, de la garde à vue à la nullité

Un cas pratique de procédure pénale suit le parcours réel d'une affaire, depuis l'enquête jusqu'au choix de la poursuite, et tu vérifies à chaque étape si la procédure a été respectée. Ce corrigé applique cette méthode en entier sur un cas original, du placement en garde à vue jusqu'à l'exception de nullité soulevée devant le tribunal correctionnel.

Couverture des cas pratiques corrigés de procédure pénale

Les cas pratiques corrigés de la matière

Procédure pénale L3, 10 cas pratiques corrigés

123 pages, du début à la fin. Tu t'entraînes sur dix cas pratiques corrigés en entier, la garde à vue, les nullités de preuve, l'enquête de flagrance, la détention provisoire, l'action publique et ses alternatives, l'action civile, la CRPC, la mise en examen et le jugement correctionnel. Le recueil se termine par trois sujets au format du partiel, qui croisent plusieurs thèmes du programme.

  • Chaque corrigé rédigé en syllogisme complet
  • Les articles du CPP cités à jour de la réforme de 2024
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L'essentiel en une phrase

Un cas pratique de procédure pénale te demande de reconstituer, heure par heure, le parcours d'une affaire. Tu traverses d'abord l'enquête, puis la garde à vue, puis l'orientation de la poursuite, c'est-à-dire le choix du procureur sur la suite à donner. À chaque acte, tu appliques le même syllogisme. Tu poses la règle exacte du Code de procédure pénale, tu la confrontes aux faits de l'énoncé, puis tu conclus. Tu te demandes enfin si une éventuelle irrégularité rend l'acte nul, car c'est là que se trouve la difficulté du sujet.

À retenir

Une irrégularité de procédure annule seulement l'acte vicié et les actes qui en dépendent directement, à condition qu'elle ait porté atteinte aux intérêts de la personne concernée (article 171 du Code de procédure pénale). Cette atteinte s'appelle le grief, et la plupart des copies oublient de la démontrer.

Rappel express, la méthode à suivre

Avant d'entrer dans le cas, tu dois connaître la structure à suivre pour n'importe quel cas pratique de procédure pénale. Tu identifies d'abord chaque acte de l'enquête dans l'ordre chronologique, en notant son heure exacte quand l'énoncé te la donne. Tu poses ensuite, pour chaque acte, la règle de droit qui l'encadre, avant de confronter cette règle aux faits. Tu conclus enfin sur la régularité de l'acte, puis, en cas d'irrégularité, sur la nullité qui peut en découler. La méthode complète du cas pratique, avec le détail du syllogisme, est expliquée ici, si un point te paraît encore flou.

L'énoncé du cas pratique

Tout le corrigé repose sur l'énoncé qui suit. Le mieux est de le lire une première fois en entier, puis d'y revenir au fur et à mesure de l'analyse.

Énoncé

Le 14 septembre 2026, à 16h20, Thomas Lefebvre, 24 ans, est repéré par Karim Belaïd, agent de sécurité du supermarché Frénéo à Lyon, en train de dissimuler dans son sac trois bouteilles de spiritueux et une paire d'écouteurs, d'une valeur totale de 187 euros, avant de franchir les caisses sans payer. Karim Belaïd le rattrape dans la galerie marchande et le retient par le bras. Thomas se dégage brusquement, sans porter aucun coup.

Les policiers, appelés par l'agent de sécurité, arrivent sur place à 16h35 et interpellent Thomas, retrouvé en possession des objets non réglés. Il est placé en garde à vue à 16h50 par l'officière de police judiciaire Camille Berger, qui informe sans délai le procureur de la République de Lyon du placement et de ses motifs. À 16h55, Thomas apprend la durée de la mesure et la qualification retenue contre lui. On lui rappelle aussi l'ensemble de ses droits. Il demande à être assisté par un avocat, qu'il ne connaît pas, et Maître Sonia Haddad est commise d'office. Il demande également à prévenir sa compagne, prévenue par les policiers à 17h40.

À 17h30, alors que Maître Haddad n'est pas encore arrivée, l'OPJ Berger décide de débuter l'audition de Thomas sur les faits, expliquant qu'il faut l'entendre avant qu'il ne puisse se concerter avec une personne qui l'attendait à l'extérieur du magasin. Aucune décision écrite du procureur de la République n'a été prise en ce sens. Thomas répond aux questions et reconnaît les faits. L'audition se termine à 17h50, et Maître Haddad arrive au commissariat à 18h00, après la fin de l'audition.

Le lendemain à 15h00, le procureur de la République autorise par écrit et de façon motivée la prolongation de la garde à vue pour 24 heures supplémentaires. Le 16 septembre à 16h45, à l'issue de la garde à vue, Thomas est déféré devant le procureur, qui décide de le poursuivre selon la procédure de comparution immédiate. Devant le tribunal correctionnel, avant toute défense au fond, Maître Haddad soulève une exception de nullité de l'audition du 14 septembre à 17h30.

Qu'en penses-tu ?

Cet énoncé est un cas fictif, construit pour cette page, et les articles cités dans le corrigé renvoient au Code de procédure pénale dans sa version en vigueur en septembre 2026.

La garde à vue de Thomas, ce qui est régulier

Avant de chercher le vice de procédure, tu vérifies ce qui a été bien fait. En effet, une copie qui voit seulement le problème perd des points sur le reste. Tu commences donc par la décision de placement elle-même. L'article 63, alinéa 1, du Code de procédure pénale réserve cette décision à l'officier de police judiciaire (OPJ), qui doit informer sans délai le procureur de la République du placement et de ses motifs. Or l'OPJ Camille Berger a placé Thomas en garde à vue à 16h50 et en a immédiatement informé le procureur. La condition est donc remplie.

Tu examines ensuite le motif de cette mesure, car une garde à vue doit toujours poursuivre un objectif prévu par la loi. L'article 62-2 du Code de procédure pénale exige qu'elle soit l'unique moyen d'atteindre l'un des six objectifs qu'il énumère. Il cite par exemple l'exécution des investigations et la présentation de la personne devant le procureur. Ici, l'enquête vient de commencer et Thomas doit être entendu sur des faits encore flous. De plus, pour le présenter au magistrat, les enquêteurs doivent le garder à leur disposition. Le placement se justifie donc sans difficulté.

La notification des droits, prévue par l'article 63-1, se contrôle de la même façon. Dès 16h55, Thomas a été informé de la durée de la mesure et de la qualification retenue, c'est-à-dire de l'infraction qu'on lui reproche. On lui a de plus rappelé ses droits. Il peut ainsi prévenir un proche, être examiné par un médecin et être assisté par un avocat. Il peut aussi garder le silence et, si besoin, se faire assister d'un interprète. Rien dans l'énoncé n'indique un défaut sur ce point, donc cette étape est régulière elle aussi. Le droit de prévenir un proche demande une dernière vérification, car l'article 63-2 impose d'y procéder au plus tard trois heures après la demande. Thomas a demandé à prévenir sa compagne à 16h55, et les policiers l'ont fait à 17h40, soit 45 minutes plus tard, largement dans le délai légal.

Tu termines par la prolongation de la garde à vue. L'article 63 autorise le procureur à la prolonger pour 24 heures supplémentaires, par une décision écrite et motivée, à condition que l'infraction soit punie d'au moins un an d'emprisonnement. Le vol simple, défini par l'article 311-1 du Code pénal et puni par l'article 311-3 de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, dépasse largement ce seuil. Le procureur a autorisé cette prolongation par écrit et de façon motivée le 15 septembre à 15h00. La condition est donc également remplie.

Aperçu des cas pratiques corrigés de procédure pénale

Cas pratiques corrigés

Procédure pénale L3

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L'audition du 14 septembre, ce qui ne l'est pas

Une fois les étapes régulières écartées, il te reste un seul acte à examiner de près, l'audition menée par l'OPJ Berger à 17h30. Tu poses d'abord la règle. Depuis la loi du 22 avril 2024, l'article 63-4-2 du Code de procédure pénale prévoit que la personne gardée à vue qui a demandé l'assistance d'un avocat ne peut pas être entendue sur les faits sans lui, sauf si elle y renonce expressément et que le procès-verbal le mentionne. Il existe une exception, mais elle reste étroitement encadrée. Le procureur de la République peut, à titre exceptionnel et par une décision écrite et motivée, différer la présence de l'avocat pendant douze heures au plus, si des raisons impérieuses tenant aux circonstances de l'enquête l'exigent. Au-delà de la douzième heure, et seulement pour les infractions punies d'au moins cinq ans d'emprisonnement, seul le juge des libertés et de la détention peut autoriser ce report, sur demande du procureur, jusqu'à la vingt-quatrième heure.

Tu confrontes maintenant cette règle aux faits. Thomas avait expressément demandé l'assistance d'un avocat, et rien dans l'énoncé ne mentionne une renonciation de sa part. L'OPJ Berger a pourtant commencé l'audition sur les faits à 17h30, avant l'arrivée de Maître Haddad, en se fondant sur sa seule appréciation des besoins de l'enquête. Or aucune décision écrite et motivée du procureur de la République n'a autorisé ce report, et le juge des libertés et de la détention n'est pas non plus intervenu. Le pouvoir de différer la présence de l'avocat appartient pourtant seulement au procureur, pendant douze heures au plus, puis au juge des libertés et de la détention pour les infractions les plus graves.

L'audition du 14 septembre à 17h30 a donc été menée en violation de l'article 63-4-2 du Code de procédure pénale, puisque aucune autorité compétente n'a autorisé le report de la présence de l'avocat.

La confusion à éviter

Deux délais portent sur des questions différentes. Le délai de deux heures de l'article 63-3-1 concerne seulement la désignation de l'avocat. En effet, si l'avocat choisi par la personne ne répond pas dans ce délai, un avocat commis d'office prend le relais. Le report de la présence de l'avocat aux auditions relève au contraire de l'article 63-4-2, un mécanisme réservé au procureur ou au juge des libertés et de la détention.

Le raisonnement sur la nullité

Une fois l'irrégularité trouvée, tu dois encore démontrer qu'elle entraîne une nullité, et c'est souvent sur cette étape qu'une bonne copie se distingue d'une copie moyenne. En effet, l'article 171 du Code de procédure pénale pose la règle du grief. Une nullité peut donc être prononcée seulement si la méconnaissance d'une formalité substantielle, c'est-à-dire une règle essentielle de la procédure, a porté atteinte aux intérêts de la partie concernée. L'article 802 formule une exigence presque identique pour toute juridiction, y compris quand elle relève l'irrégularité d'office, c'est-à-dire sans qu'une partie la soulève.

Tu appliques ensuite cette exigence au cas de Thomas, comme tu le ferais dans ta propre copie. Il avait demandé à être assisté par un avocat avant toute audition sur les faits, justement pour avoir un conseil au moment de répondre aux enquêteurs. Or il a été entendu et il a reconnu les faits sans cet avocat. Il a donc été privé de la protection que la loi lui garantissait à ce moment, une protection renforcée depuis 2024 pour couvrir ce type de situation. Le grief est ainsi caractérisé, et l'atteinte à ses droits de la défense ne fait guère de doute.

Beaucoup de copies s'arrêtent trop tôt, alors qu'il faut encore dire ce que la nullité fait disparaître. En effet, une annulation retire seulement de la procédure l'acte vicié et les actes qui en dépendent directement. Le placement en garde à vue, la notification des droits, la prolongation et l'examen médical éventuel de Thomas restent donc valables. Seul le procès-verbal de l'audition du 14 septembre à 17h30 doit être annulé et retiré des débats.

La comparution immédiate et l'exception de nullité

Il te reste deux points à vérifier, le choix de la poursuite et le moment où la nullité a été soulevée. D'abord, le vol simple reproché à Thomas est puni de trois ans d'emprisonnement. Or, pour une infraction commise en flagrance, l'article 395 du Code de procédure pénale permet la comparution immédiate, c'est-à-dire un jugement le jour même, dès que la peine encourue atteint six mois. Le procureur pouvait donc régulièrement poursuivre Thomas selon cette procédure.

Tu vérifies enfin le moment où l'avocate a soulevé la nullité. L'article 385 du Code de procédure pénale impose, dans le cas normal, de présenter une exception de nullité avant toute défense au fond, c'est-à-dire avant même de discuter la culpabilité. Maître Haddad l'a fait dès l'ouverture de l'audience, donc l'exception est recevable dans son principe. Une décision récente, qui ne change pas la solution du cas, mérite pourtant d'être connue. Le Conseil constitutionnel, dans une décision du 18 juillet 2025, a jugé cette forclusion, c'est-à-dire la perte du droit d'agir, trop stricte lorsqu'un prévenu ne pouvait pas connaître le vice avant sa défense au fond. La Chambre criminelle en a tiré les conséquences dans un arrêt du 27 mai 2026. Thomas n'est pas dans ce cas, puisqu'il connaissait le vice dès le 14 septembre et l'a soulevé selon les règles classiques, avant toute défense au fond.

Le tribunal correctionnel doit donc annuler le procès-verbal de l'audition du 14 septembre à 17h30 et l'écarter des débats. Cette annulation prive le ministère public de l'aveu de Thomas, mais elle ne clôt pas nécessairement l'affaire. La constatation de flagrance par les policiers, la possession des objets non réglés au moment de l'interpellation et un éventuel témoignage de l'agent de sécurité restent des éléments de preuve valables, sur lesquels le tribunal peut encore fonder sa décision.

Le corrigé rédigé, à reprendre comme modèle

Dans une copie, ce raisonnement s'écrit de la façon suivante, avec le syllogisme apparent à chaque étape. Tu peux reprendre cette structure pour n'importe quel cas pratique de procédure pénale, en l'adaptant aux faits de ton énoncé.

Sur la régularité du placement en garde à vue. Selon l'article 63 du Code de procédure pénale, seul un officier de police judiciaire peut décider un placement en garde à vue, à charge pour lui d'en informer sans délai le procureur de la République. En l'espèce, l'OPJ Berger a placé Thomas en garde à vue à 16h50 et en a informé immédiatement le procureur. Le placement est régulier.

Sur la régularité de l'audition du 14 septembre à 17h30. L'article 63-4-2 du Code de procédure pénale interdit d'entendre sur les faits une personne qui a demandé un avocat, sauf renonciation expresse de sa part ou décision écrite et motivée du procureur de la République, dans la limite de douze heures. En l'espèce, Thomas avait demandé l'assistance d'un avocat, n'a jamais renoncé à ce droit, et aucune décision du procureur n'a autorisé un report. L'audition a donc été menée en violation de l'article 63-4-2.

Sur la nullité qui en découle. L'article 171 du Code de procédure pénale subordonne toute nullité à une atteinte aux intérêts de la partie concernée. En l'espèce, Thomas a été entendu et a reconnu les faits sans l'assistance de l'avocat qu'il avait pourtant demandé, ce qui caractérise une atteinte à ses droits de la défense. Le procès-verbal de cette audition doit par conséquent être annulé, sans que cette annulation affecte les autres actes de la procédure.

Sur la recevabilité de l'exception devant le tribunal correctionnel. L'article 385 du Code de procédure pénale impose de soulever une exception de nullité avant toute défense au fond. En l'espèce, Maître Haddad l'a fait dès l'ouverture de l'audience. L'exception est ainsi recevable, et le tribunal doit écarter des débats le procès-verbal d'audition du 14 septembre à 17h30.

Les autres thèmes classiques d'un cas pratique de procédure pénale

Ce cas pratique combine la garde à vue, la nullité et le choix de la poursuite. Le programme de procédure pénale contient bien d'autres thèmes, que tu retrouveras régulièrement en TD comme en partiel. La liste suivante t'aide à savoir où concentrer tes révisions.

  • L'enquête de flagrance obéit à des conditions strictes et dure huit jours, avec une prolongation possible de huit jours pour les infractions les plus graves.
  • Les nullités de preuve sanctionnent une perquisition, une saisie ou une écoute réalisée en dehors du cadre légal.
  • La détention provisoire suppose des conditions strictes, et le juge des libertés et de la détention y joue un rôle central.
  • L'action publique et ses alternatives laissent au procureur le choix entre des poursuites, une réponse plus légère comme la composition pénale, ou un classement sans suite.
  • L'action civile permet à la victime de se constituer partie civile, ce qui peut déclencher les poursuites.
  • La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) permet de juger plus vite une personne qui reconnaît les faits.
  • La mise en examen et l'instruction interviennent quand l'affaire est trop complexe pour être jugée tout de suite.
  • Le jugement correctionnel clôt le procès pénal, une fois la poursuite engagée.

Chacun de ces thèmes suit la même méthode que le cas de Thomas. Tu reconstitues la chronologie, tu poses la règle exacte pour chaque acte, puis tu conclus de façon motivée. Mes dix cas pratiques corrigés de procédure pénale couvrent ces huit thèmes un par un, avec le même niveau de détail que ce corrigé, plus trois sujets de partiel qui les mélangent.

Les erreurs à éviter

  • Tu conclus à la relaxe dès qu'une nullité est trouvée. L'annulation retire seulement l'acte vicié et ceux qui en dépendent. D'autres preuves peuvent suffire à elles seules à fonder une condamnation.
  • Tu oublies de démontrer le grief. Une irrégularité doit toujours s'accompagner de la preuve d'une atteinte aux intérêts de la personne concernée, faute de quoi l'article 171 s'oppose à toute nullité.
  • Tu confonds le délai de deux heures et le report de douze heures. Le délai de deux heures concerne la désignation de l'avocat, alors que le report de douze heures concerne sa présence aux auditions. Ces deux règles figurent donc dans deux articles différents, avec des conditions différentes.
  • Tu oublies de vérifier qui a pris la décision. Seuls le procureur, ou dans des conditions plus strictes le juge des libertés et de la détention, disposent du pouvoir de différer la présence de l'avocat. Un officier de police judiciaire qui prend seul cette décision sort du cadre légal.
  • Tu oublies le moment où la nullité doit être soulevée. Devant le tribunal correctionnel, une exception de nullité classique se présente en tout premier, avant même d'évoquer les faits ou la culpabilité.

Questions fréquentes

Comment repérer un vice de procédure dans un cas pratique de procédure pénale ?

Tu relèves d'abord chaque acte de l'enquête avec son heure exacte, le placement en garde à vue, la notification des droits, le début de chaque audition, l'arrivée de l'avocat. Tu compares ensuite cette chronologie à ce que le Code de procédure pénale exige à chaque étape. Un décalage entre les deux, par exemple une audition commencée avant l'avocat sans décision du procureur, signale presque toujours le vice que l'énoncé veut te faire trouver.

Une nullité de procédure entraîne-t-elle toujours la relaxe ?

Non, et c'est l'erreur la plus fréquente en cas pratique. L'annulation retire seulement du dossier l'acte vicié et les actes qui en dépendent directement. D'autres preuves peuvent donc rester au dossier, comme la constatation en flagrance ou un témoignage, et elles suffisent souvent à fonder une condamnation.

Quand faut-il soulever une exception de nullité devant le tribunal correctionnel ?

L'article 385 du Code de procédure pénale impose de la soulever avant toute défense au fond, c'est-à-dire avant de discuter la culpabilité elle-même. Une décision du Conseil constitutionnel du 18 juillet 2025 a assoupli cette règle pour le prévenu qui démontre qu'il ne pouvait pas connaître le vice plus tôt, mais dans le cas normal où l'irrégularité est connue dès le départ, l'avocat doit encore la soulever en tout premier, avant même d'évoquer les faits.

Quelle est la différence entre le délai de deux heures et le différé de la présence de l'avocat en garde à vue ?

Ce sont deux mécanismes distincts. Le délai de deux heures de l'article 63-3-1 concerne seulement la désignation de l'avocat. En effet, un avocat commis d'office prend le relais si l'avocat choisi ne répond pas dans ce délai. Le report de sa présence aux auditions relève de l'article 63-4-2, un mécanisme exceptionnel réservé au procureur, pour douze heures au plus, ou au juge des libertés et de la détention jusqu'à la vingt-quatrième heure pour les infractions les plus graves. Un officier de police judiciaire ne peut donc jamais décider seul de ce report.
Julien, professeur de droit

Julien

Professeur de droit · Master II Panthéon-Assas

Major puis vice-major de promo, #1 prof de droit sur Superprof avec 162 avis 5/5. Je donne aux étudiants en droit une méthode claire, qu'ils appliquent à chaque copie pour passer de la moyenne à la mention. Sur TrajectoireDroit, tu peux travailler avec mes fiches complètes et mes majeures préparées (les règles de droit à poser dans tes cas pratiques), ou réserver mes cours particuliers.

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