Exercices corrigés d'introduction au droit L1, trois sujets avec leur correction

L'introduction au droit se travaille en L1 avec des questions de cours, des cas pratiques, des commentaires d'arrêt et des dissertations. Cette page te donne la méthode de chaque exercice, puis trois sujets originaux avec leur correction complète. Le premier porte sur la juridiction compétente, le deuxième sur la preuve d'un prêt et le troisième sur la hiérarchie des normes, trois thèmes classiques de première année.

Couverture des cas pratiques corrigés d'introduction au droit L1

Les cas pratiques corrigés du semestre 1

Introduction au droit L1, dix cas pratiques corrigés en 156 pages

Dix cas rédigés en entier, puis trois sujets au format du partiel. Chaque corrigé suit le raisonnement attendu, des faits jusqu'à la conclusion, sur la loi dans le temps, la preuve, les droits subjectifs, la hiérarchie des normes et la propriété. Tu t'entraînes sur le modèle de ce que tu lis sur cette page.

  • Dix cas pratiques corrigés, de l'énoncé à la conclusion
  • Trois sujets de partiel qui croisent plusieurs thèmes
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Quels exercices tombent en introduction au droit, et comment les réussir ?

En première année, l'introduction au droit se travaille à travers quatre exercices. Les questions de cours vérifient que tu connais les définitions et les mécanismes. Le cas pratique t'oblige à appliquer une règle à une histoire inventée, c'est pourquoi il demande plus d'entraînement. Le commentaire d'arrêt et la dissertation complètent la liste. Tu trouveras ici une méthode pour chaque exercice, puis trois exercices corrigés que j'ai écrits pour cette page.

À retenir

Un exercice d'introduction au droit se réussit en trois gestes. Tu qualifies d'abord les faits avec le vocabulaire juridique. Tu cites ensuite la règle avec son article ou son arrêt, puis tu l'appliques à la situation de l'énoncé. Ces trois gestes structurent les corrigés ci-dessous, et ta copie doit les montrer aussi.

Les quatre exercices de l'introduction au droit, un par un

Chaque faculté a ses habitudes, mais on retrouve presque partout les mêmes formats. Voici ce que chacun attend de toi et la page qui t'aide à le préparer.

1. Les questions de cours

Elles portent sur une définition, une distinction ou un mécanisme, par exemple « Qu'est-ce qu'une règle de droit ? » ou « Quelle différence entre un acte juridique et un fait juridique ? ». Tu donnes d'abord la définition, puis l'article qui la fonde, et tu termines par un exemple. Une réponse sans exemple paraît récitée. Un exemple sans définition ne prouve rien.

2. Le cas pratique

Un énoncé raconte des faits et pose une ou plusieurs questions, et tu réponds par un raisonnement en quatre étapes, qui part des faits, pose le problème de droit, énonce la règle, puis l'applique. Tu apprends sa structure dans la méthode du cas pratique. Les trois exercices de cette page suivent ce schéma.

3. Le commentaire d'arrêt

Tu analyses une décision de justice en exposant d'abord ses faits et sa procédure. Tu poses ensuite le problème de droit et la solution, puis tu expliques ce qu'elle change pour les affaires futures. L'exercice commence par une fiche d'arrêt, que tu apprends à rédiger avec la méthode du commentaire d'arrêt.

4. La dissertation

Un sujet court, comme « La hiérarchie des normes », appelle un plan en deux parties qui répond à une question de fond. Tu le prépares avec la méthode de la dissertation juridique, et un exemple complet se trouve dans cette dissertation corrigée.

Exercice corrigé 1, quelle juridiction pour quel litige ?

Cet exercice revient souvent en introduction au droit, parce qu'il oblige à connaître l'organisation judiciaire. Le sujet est original, écrit pour cette page. Tu cherches d'abord la nature du litige, car elle détermine l'ordre de juridictions, puis la juridiction précise, enfin la voie de recours.

Énoncé. Inès, salariée d'une boulangerie à Montpellier, est licenciée et conteste son licenciement. Dans la même rue, Théo, qui tient une boulangerie, ne règle pas 3 200 € de farine à la Minoterie du Val, une société commerciale. Enfin, Lucas se fait voler son scooter garé devant la gare, et la police retrouve le voleur. Pour chacun des trois litiges, quelle juridiction est compétente, et quelles voies de recours s'ouvrent ensuite ?

Le corrigé

Le licenciement d'Inès. Un salarié qui conteste son licenciement soulève un différend né d'un contrat de travail, que les parties ne résolvent pas à l'amiable. L'article L. 1411-1 du Code du travail confie ce type de litige au conseil de prud'hommes. Inès saisit donc le conseil de prud'hommes de Montpellier, le lieu où elle travaille. Selon le montant de sa demande, le jugement peut ensuite faire l'objet d'un appel devant la cour d'appel, dans le délai d'un mois de l'article 538 du Code de procédure civile, puis d'un pourvoi devant la Cour de cassation.

La dette de Théo. La Minoterie du Val et Théo sont tous deux commerçants (l'article L. 721-3 vise aussi les artisans, ce qui couvre un boulanger), et leur litige naît d'un acte de commerce, l'achat de farine pour la revente de pain. L'article L. 721-3 du Code de commerce donne compétence au tribunal de commerce pour les contestations relatives aux engagements entre commerçants. Comme la somme demandée est de 3 200 €, elle reste sous le seuil de 5 000 € fixé par l'article R. 721-6 du Code de commerce. Le tribunal statue donc en premier et dernier ressort, ce qui ferme l'appel, et seul un pourvoi en cassation reste possible. Ce pourvoi tend à faire censurer un jugement non conforme aux règles de droit (article 604 du Code de procédure civile), car la Cour de cassation ne rejuge jamais les faits.

Le vol de Lucas. Le vol est une infraction, plus précisément un délit, puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende par l'article 311-3 du Code pénal. Un délit relève du tribunal correctionnel, selon l'article L. 211-9 du Code de l'organisation judiciaire. Lucas, victime, peut se constituer partie civile pour obtenir réparation devant la même juridiction. Le jugement peut être frappé d'appel dans un délai de dix jours (article 498 du Code de procédure pénale), devant la cour d'appel, puis d'un pourvoi en cassation.

Un étudiant qui lit « salariée » et « licenciement » pense tout de suite au tribunal judiciaire, alors que le texte attribue ce litige à une juridiction spécialisée. Tu gagnes donc des points en citant l'article qui répartit les compétences, car il justifie ton choix de juridiction.

Exercice corrigé 2, comment prouver un prêt entre amis ?

La preuve est un thème de TD classique, parce qu'elle oppose deux régimes. Le premier est celui des actes juridiques, c'est-à-dire des manifestations de volonté faites pour produire un effet de droit, comme un contrat. Le second, en revanche, est celui des faits juridiques, des événements qui produisent des effets sans que personne les ait voulus, comme un accident. Ainsi, un acte et un fait se prouvent de façon différente, et l'exercice vérifie cette distinction.

Énoncé. En mars, Maëlys vire 2 400 € à son ami Hugo pour l'aider à payer son déménagement. Aucun écrit n'est signé. En septembre, Hugo soutient que cette somme était un cadeau. Or Maëlys conserve un SMS que Hugo lui a envoyé en avril, et qui dit « Je te rembourse dès que j'ai ma prime en décembre. » Peut-elle prouver le prêt ?

Le corrigé

Le problème de droit. Un prêt de 2 400 € est un acte juridique, puisque les deux amis ont voulu s'engager. La question est de savoir si Maëlys peut en établir l'existence sans avoir de contrat écrit, en s'appuyant sur un virement et un message.

La règle. L'article 1359 du Code civil exige un écrit pour prouver un acte juridique dont la valeur dépasse un montant fixé par décret, aujourd'hui 1 500 €. Le prêt de 2 400 € dépasse ce seuil. À défaut d'écrit, l'article 1362 permet pourtant d'utiliser un commencement de preuve par écrit, c'est-à-dire un écrit qui émane de celui à qui on l'oppose et qui rend vraisemblable le fait allégué. Ce commencement de preuve peut alors être complété par d'autres moyens, comme des témoignages.

L'application. Le virement prouve la remise de l'argent, mais la question du don ou du prêt reste ouverte. Le SMS d'avril apporte la réponse, puisqu'il émane de Hugo lui-même et qu'il parle de « rembourser », ce qui rend vraisemblable l'existence d'un prêt. Il constitue donc un commencement de preuve par écrit, à condition que Hugo en soit bien l'auteur. Selon l'article 1361, ce commencement de preuve doit être corroboré par un autre moyen de preuve. Le virement remplit ce rôle, et des échanges sur le déménagement ou le témoignage d'un ami peuvent le renforcer.

La conclusion. Maëlys peut donc prouver le prêt en présentant le SMS, corroboré par le virement. Un simple témoignage ne lui aurait pas suffi seul au-dessus de 1 500 €.

Le même énoncé changerait de régime si Hugo abîmait par maladresse la voiture de Maëlys pendant le déménagement. Cet accident est un fait juridique. En effet, selon l'article 1358, il se prouve par tous moyens, par exemple avec des photos, des témoins ou un constat, sans qu'aucun écrit soit exigé. Le seuil de 1 500 € ne joue donc que pour les actes juridiques, c'est pourquoi tu commences ta réponse en qualifiant ce que tu as sous les yeux.

Exercice corrigé 3, un décret peut-il contredire une loi ?

Le dernier exercice teste la hiérarchie des normes, une notion que tu retrouves dans de nombreuses matières de la licence. Chaque règle doit respecter toutes celles qui sont placées au-dessus d'elle. Un juge peut donc écarter ou faire annuler une règle inférieure qui contredit une règle supérieure.

Énoncé. Une loi fictive autorise les commerçants à ouvrir leur boutique le dimanche. Un décret ajoute ensuite qu'une boutique ne peut ouvrir le dimanche que si le maire l'a autorisée, ce que la loi ne prévoit pas. Karine, qui tient une librairie, se voit refuser l'ouverture sur ce fondement. Classe les normes en présence, puis dis si Karine peut obtenir gain de cause.

Le corrigé

Le classement. Deux normes se rencontrent. La loi, votée par le Parlement, occupe un rang supérieur. Le décret, pris par le pouvoir exécutif, est en revanche un acte réglementaire, donc inférieur à la loi. Par conséquent, un décret doit respecter la loi qu'il met en œuvre. Il peut la préciser, mais il ne peut pas la contredire, par exemple en soumettant à autorisation ce que la loi laisse libre.

La conséquence. Le décret ajoute ici une autorisation du maire qui n'existe pas dans la loi. Il est donc illégal. Karine peut attaquer le refus qui lui a été opposé devant le juge administratif, par un recours pour excès de pouvoir. À l'appui de ce recours, elle soulève l'illégalité du décret sur lequel le refus repose, ce qu'on appelle l'exception d'illégalité. Elle pouvait aussi demander l'annulation du décret lui-même, mais dans un délai de deux mois après sa publication.

La conclusion. Karine peut obtenir gain de cause. Le juge annule le refus, parce que le décret contredit la loi, et la loi l'emporte sur lui.

Un second cas se présente quand c'est la loi qui contredit un traité international. L'article 55 de la Constitution donne aux traités régulièrement ratifiés une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve que l'autre partie les applique aussi. Les juges appliquent ce texte. Ainsi, la Cour de cassation l'a jugé le 24 mai 1975 dans l'arrêt Jacques Vabre, et le Conseil d'État le 20 octobre 1989 dans l'arrêt Nicolo. Le juge écarte alors la loi contraire dans le litige qu'il tranche, sans l'annuler. En revanche, le Conseil constitutionnel ne contrôle pas cette compatibilité, comme il l'a décidé dès sa décision du 15 janvier 1975. Une copie doit donc séparer le contrôle de constitutionnalité, qui compare une loi à la Constitution, du contrôle de conventionnalité, qui la compare à un traité.

Six questions de cours corrigées en une phrase

Ces questions reviennent sous forme de QCM ou de questions courtes. Essaie de répondre avant de lire la solution.

  • La Cour de cassation juge-t-elle les faits ? Non. Elle contrôle seulement l'application du droit, c'est pourquoi on dit qu'elle juge en droit.
  • Un décret est-il une loi ? Non. La loi est votée par le Parlement, le décret est pris par le Premier ministre ou le Président de la République.
  • Un acte juridique et un fait juridique se prouvent-ils de la même manière ? Non. L'acte se prouve par écrit au-delà de 1 500 €, le fait se prouve par tous moyens.
  • Quel est le délai d'appel en matière civile ? Un mois en matière contentieuse, selon l'article 538 du Code de procédure civile.
  • Un traité l'emporte-t-il sur une loi ? Oui, d'après l'article 55 de la Constitution, à condition qu'il soit régulièrement ratifié et appliqué par l'autre partie.
  • Le tribunal correctionnel juge-t-il les crimes ? Non. Il juge les délits, et les crimes relèvent de la cour d'assises, ou de la cour criminelle départementale pour certains d'entre eux.

Les erreurs qui coûtent des points dans ces exercices

  • Tu cites une règle sans l'appliquer. Réciter l'article L. 721-3 du Code de commerce rapporte peu de points. Tu dois dire en quoi la Minoterie du Val et Théo entrent dans son champ, et ce que cela change pour eux.
  • Tu oublies la qualification. Dans l'exercice 2, tout dépend de l'étiquette « acte juridique ». Une copie qui applique le seuil de 1 500 € sans qualifier d'abord ce qu'est un prêt perd le raisonnement.
  • Tu confonds appel et cassation. L'appel rejuge les faits et le droit devant une cour d'appel, alors que le pourvoi en cassation vérifie seulement l'application du droit. Écrire que la Cour de cassation « rejuge l'affaire » est une faute classique.
  • Tu mélanges contrôle de constitutionnalité et de conventionnalité. Le contrôle de constitutionnalité compare une loi à la Constitution, tandis que le contrôle de conventionnalité la compare à un traité, et les deux relèvent de juges différents.
  • Tu oublies les chiffres exacts. Un seuil, un délai ou une peine se citent avec le texte qui les fixe. Écrire « environ un mois » te fait perdre le point, car l'article 538 fixe un délai exact.

Comment t'entraîner sans te disperser

Tu progresses en alternant deux temps. D'abord, tu apprends la règle dans ta fiche, avec son texte et ses arrêts. Ensuite, tu fais un exercice entier sans regarder le corrigé, puis tu compares ta copie à la correction ligne par ligne. Cette comparaison te montre quelles étapes tu oublies, par exemple la qualification des faits ou le texte cité.

Si tu veux t'exercer sur d'autres sujets, tu peux lire les annales corrigées de droit civil L1 et le cas pratique corrigé sur la loi dans le temps. Pour revoir les règles elles-mêmes, la page sur la hiérarchie des normes, celle sur les modes de preuve et la différence entre appel et cassation te donnent la matière. Et si tu veux un entraînement guidé, le stage de méthode te fait pratiquer ces raisonnements en direct.

Où trouver des exercices corrigés d'introduction au droit en PDF ?

Trajectoire Droit propose trois supports pour cette matière. D'abord, le recueil de cas pratiques corrigés contient dix cas rédigés en entier, puis trois sujets au format du partiel qui mélangent plusieurs thèmes. Ensuite, le recueil de dissertations corrigées contient dix sujets avec le décorticage et la copie modèle. Enfin, la fiche complète te donne le cours à connaître pour traiter tous ces exercices. Chaque produit coûte 14,99 €, et tu le reçois en PDF dès le paiement.

Questions fréquentes

Quels sont les exercices de l'introduction au droit en L1 ?

On retrouve le plus souvent des questions de cours, un cas pratique, un commentaire d'arrêt et une dissertation. Chaque faculté choisit son format d'examen, et les chargés de TD donnent des cas pratiques et des commentaires tout au long du semestre. Vérifie dans ta plaquette de TD quel exercice tombe à l'examen.

Comment faire un cas pratique d'introduction au droit ?

Tu rappelles les faits en les qualifiant juridiquement, tu poses le problème de droit sous forme de question, tu cites la règle avec son article ou son arrêt, puis tu l'appliques aux faits avant de conclure. L'application est l'étape qui compte le plus, parce qu'elle montre que tu as compris la règle.

Quelle différence entre un acte juridique et un fait juridique ?

Un acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire un effet de droit, comme un contrat. Un fait juridique est un événement qui produit des effets sans que personne les ait voulus, comme un accident. L'acte se prouve par écrit au-delà de 1 500 €, le fait se prouve par tous moyens.

Existe-t-il des exercices corrigés d'introduction au droit en PDF ?

Oui. Les dix cas pratiques corrigés de L1 S1 (156 pages, avec trois sujets de partiel) et les dix dissertations corrigées (62 pages) coûtent chacun 14,99 €. La fiche complète d'introduction au droit, de 81 pages, coûte aussi 14,99 €.
Julien, professeur de droit

Julien

Professeur de droit · Master II Panthéon-Assas

Major puis vice-major de promo, #1 prof de droit sur Superprof avec 162 avis 5/5. Je donne aux étudiants en droit une méthode claire, qu'ils appliquent à chaque copie pour passer de la moyenne à la mention. Sur TrajectoireDroit, tu peux travailler avec mes fiches complètes et mes majeures préparées (les règles de droit à poser dans tes dissertations).

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Où se rangent ces exercices dans le programme

L'introduction au droit pose les bases de toute la licence, et les exercices que tu fais ici resservent dans chaque matière. Les pages ci-dessous prolongent ce travail.

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