Dissertation de droit des obligations L2 corrigée, sujet et plan détaillé

Une dissertation de droit des obligations en L2 part d'un sujet court, comme « L'obligation naturelle », et demande un plan en deux parties construit sur le Code civil et sur les arrêts de la Cour de cassation. Cette page te donne la méthode, puis le corrigé de ce sujet, du décorticage jusqu'au plan détaillé, avec une banque de sujets classiques pour les deux semestres.

Couverture de la fiche complète Droit des obligations L2 S2

La fiche complète du semestre 2

Droit des obligations L2, la responsabilité civile en 97 pages

Sept thèmes, de l'introduction à la responsabilité civile jusqu'aux quasi-contrats. Chaque régime est découpé condition par condition, avec les arrêts reliés au raisonnement qui les utilise. Les dix dissertations corrigées du semestre portent ensuite sur la responsabilité civile et te montrent comment rédiger la copie complète.

  • Les conditions de chaque régime, une par une
  • Dix dissertations corrigées sur la responsabilité civile
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L'essentiel en une phrase

Une dissertation de droit des obligations se construit autour d'un article du Code civil et de quelques arrêts bien choisis de la Cour de cassation. Tu pars du texte, tu cherches ce qu'il laisse en suspens, puis tu montres comment la jurisprudence a comblé ce vide ou en a fixé les limites. De plus, l'ordonnance du 10 février 2016 a renuméroté une grande partie du Code civil, donc un bon devoir cite le numéro actuel de l'article et, quand c'est utile, son ancien numéro. Le sujet corrigé plus bas suit exactement cette logique.

À retenir

Une dissertation juridique se termine à la fin de la seconde partie, sauf si ton chargé de TD réclame une ouverture. Tu consacres donc ton temps à une introduction soignée et à deux parties équilibrées, dont chaque sous-partie s'appuie sur un article ou un arrêt que tu peux citer avec sa date.

Rappel express, construire un plan en droit des obligations

Un sujet de dissertation en droit des obligations est le plus souvent une notion nue, comme « L'obligation naturelle », « La compensation » ou « Les fonctions de la responsabilité civile ». Tu commences donc par définir chaque mot du sujet et par délimiter ce que tu traites, car une définition floue produit ensuite un plan qui tombe à côté. Pour « l'obligation naturelle », tu poses d'abord ce qu'est une obligation en droit, c'est-à-dire un lien qui permet à un créancier d'exiger quelque chose d'un débiteur, puis tu précises en quoi le mot « naturelle » change cette définition.

Tu cherches ensuite la tension du sujet. Dans cette matière, elle oppose presque toujours une règle posée par le Code civil à la manière dont les juges l'appliquent ou la limitent. Le plan en deux parties suit cette tension. La première partie expose le principe, avec son fondement textuel et les arrêts qui le confirment. La seconde montre ce que la pratique en fait, par des arrêts qui l'étendent ou le bornent. Chaque sous-partie apporte donc un article ou un arrêt nouveau qui fait avancer la démonstration.

Les titres du plan affirment une idée sous la forme d'un groupe nominal, comme un titre de journal. La question n'a sa place que dans la problématique. L'introduction suit sept étapes, de l'accroche jusqu'à l'annonce du plan, que la méthode de la dissertation juridique détaille une par une si un point te paraît encore flou.

Sujet corrigé, l'obligation naturelle

Ce sujet convient bien à un exercice de L2, parce qu'il oblige à croiser deux articles du Code civil avec huit arrêts, et qu'il laisse place à une vraie discussion entre deux solutions. L'exemple est original, rédigé pour cette page. Il ne reprend aucun sujet des dissertations corrigées du semestre 2.

Le décorticage du sujet

Une obligation naturelle est un devoir de conscience que la loi ne sanctionne par aucune action en justice, mais auquel elle reconnaît tout de même certains effets. Par exemple, un frère aide financièrement sa sœur depuis des années, sans qu'aucun texte ni aucun contrat ne l'y oblige. Le mot « naturelle » signifie ici que le devoir vient de la morale ou de la conscience, et le droit ne l'a pas créé. Le sujet te demande donc de montrer comment le droit traite un devoir qui reste, au départ, en dehors de lui.

Deux textes encadrent le sujet. L'article 1100, alinéa 2, du Code civil, issu de l'ordonnance du 10 février 2016 (en vigueur depuis le 1er octobre 2016), dispose que les obligations « peuvent naître de l'exécution volontaire ou de la promesse d'exécution d'un devoir de conscience envers autrui ». L'article 1302, alinéa 2, interdit la restitution à l'égard des obligations naturelles qui ont été volontairement acquittées. En effet, avant le 1er octobre 2016, la seule trace de la notion se trouvait dans l'alinéa 2 de l'ancien article 1235. Ces deux textes appellent donc la problématique suivante. Jusqu'où le droit accueille-t-il un devoir de conscience que personne ne peut exiger en justice ?

L'introduction

Le 10 octobre 1995, la première chambre civile de la Cour de cassation juge une affaire de Quinté+. Un joueur avait confié ses tickets à un collègue contre 10 % des gains éventuels. Le collègue a refait un ticket en changeant l'ordre des numéros, et ce ticket rapporte environ 1,5 million de francs. Le gagnant refuse alors de payer, mais la Cour rejette son pourvoi et décide que sa promesse l'oblige. Ainsi, un devoir moral devient une dette que le juge peut faire exécuter.

Cette affaire illustre donc l'obligation naturelle, c'est-à-dire un devoir de conscience que la loi ne sanctionne par aucune action en justice. Le Code civil la reconnaît à deux endroits. D'une part, l'article 1100, alinéa 2, fait naître des obligations de l'exécution volontaire ou de la promesse d'exécution d'un devoir de conscience envers autrui. D'autre part, l'article 1302, alinéa 2, refuse la restitution de ce qui a été volontairement payé au titre d'une obligation naturelle. Pourtant, l'article 1100 parle seulement de « devoir de conscience », et le mot « obligation naturelle » n'apparaît que dans l'article 1302.

Le sujet intéresse parce qu'il place le droit des obligations à la frontière de la morale. En principe, on ne peut contraindre quelqu'un à payer qu'en vertu d'un contrat, d'un fait juridique ou de la loi. Or l'obligation naturelle montre que le droit s'intéresse aussi à ce que l'on se sent tenu de faire, dès lors que la personne s'est engagée ou a déjà payé. La réforme de 2016 a donné une place nouvelle à cette idée, mais la jurisprudence l'appliquait bien avant. Jusqu'où le droit accueille-t-il alors un devoir de conscience que personne ne peut exiger en justice ?

Pour y répondre, nous verrons d'abord que le droit reconnaît le devoir de conscience sans l'imposer (I), avant de montrer que la volonté de celui qui s'en sent tenu peut le transformer en obligation civile, dans des limites que les juges contrôlent (II).

Le plan détaillé

I. Un devoir de conscience reconnu sans être imposé

A. Un devoir sans action en justice. Le titulaire d'une obligation naturelle ne peut pas saisir un juge pour obtenir le paiement. C'est donc ce qui la distingue d'une obligation civile, que le créancier peut faire exécuter de force. En effet, avant le 1er octobre 2016, le Code civil nommait la notion dans une seule disposition, l'alinéa 2 de l'ancien article 1235, placé parmi les règles générales du paiement. Ensuite, l'ordonnance du 10 février 2016 a repris cette règle à l'article 1302, alinéa 2, et elle a ajouté l'article 1100, alinéa 2, qui fait du devoir de conscience une source d'obligations. Cette réforme a donc inscrit dans le Code une notion que la jurisprudence appliquait déjà.

B. Un paiement volontaire qui ne se reprend pas. L'article 1302 pose d'abord que tout paiement suppose une dette, de sorte que celui qui a payé sans rien devoir peut se faire rembourser. Son alinéa 2 écarte cette restitution pour les obligations naturelles volontairement acquittées. Par exemple, un fils qui verse chaque mois une somme à sa mère par devoir de conscience ne peut pas la réclamer ensuite. Tout dépend alors du caractère volontaire du paiement, que les juges vérifient. Le 12 juillet 1994, la première chambre civile (pourvoi n° 92-13.375) examine le cas d'un ancien époux qui avait continué de verser la pension de ses enfants après leur majorité, sous la contrainte d'une procédure de paiement direct. Elle approuve les juges du fond d'avoir admis la répétition, car il n'avait pas payé en pleine connaissance de cause avec la volonté d'acquitter une obligation naturelle. L'article 2249 complète ce tableau pour la prescription, puisqu'il interdit de répéter un paiement au seul motif que le délai de prescription était expiré.

II. Un devoir de conscience que la volonté transforme en dette, sous le contrôle du juge

A. La promesse qui rend le devoir exigible. La Cour de cassation admet depuis longtemps que celui qui promet d'exécuter son devoir de conscience s'oblige juridiquement. En effet, dans l'affaire du Quinté+ (10 octobre 1995, pourvoi n° 93-20.300), elle juge que la transformation de l'obligation naturelle en obligation civile repose sur un engagement unilatéral, c'est-à-dire sur la seule volonté de celui qui promet, et qu'elle n'exige pas qu'une obligation civile ait existé avant. La Cour parle de novation mais corrige elle-même ce mot, puisqu'une novation supposerait une ancienne dette civile à remplacer. Ensuite, le 4 janvier 2005 (pourvoi n° 02-18.904), un frère s'engage par écrit à partager par moitié avec son frère les biens reçus de leur grand-père par un legs verbal. La cour d'appel avait vu dans ce legs une obligation naturelle, même sans lien de filiation avec le défunt, et la Cour de cassation juge que l'engagement unilatéral pris en connaissance de cause la transforme en obligation civile. Elle rejette le pourvoi. Enfin, la même logique apparaît le 11 octobre 2017 (pourvoi n° 16-24.533). Deux sœurs avaient signé un acte sous seing privé par lequel elles s'engageaient à partager par tiers la succession de leur père avec leur frère, reconnu tardivement et omis du testament. La cour d'appel y voit un devoir de justice qui caractérise l'obligation naturelle, et la Cour de cassation rejette le pourvoi en approuvant l'analyse selon laquelle l'acte l'a transformée en obligation civile.

B. Une transformation que les juges encadrent. La promesse doit exister, et les juges du fond apprécient souverainement son existence. Le 23 mai 2006 (pourvoi n° 04-19.099), un homme séparé de la femme avec qui il avait repris la vie commune après leur divorce lui avait versé une aide jusqu'en mai 1997, et elle réclame ensuite une pension. Faute d'écrit, la Cour de cassation approuve les juges d'avoir constaté qu'il ne s'était pas engagé à continuer sans limite de temps. De même, le 29 juin 2011 (pourvoi n° 10-12.018), une convention de fin de concubinage prévoyait une pension viagère, des loyers et une assurance-vie. Ces obligations financières dépassent ce qu'exigerait l'exécution d'un devoir de conscience. Les juges du fond ont estimé souverainement que le concubin n'avait pas entendu exécuter une obligation naturelle. De plus, la pension viagère n'était pas déterminable à la signature, donc elle n'avait pas été valablement contractée. La Cour de cassation rejette le pourvoi. La forme compte aussi, puisque le 17 octobre 2018 (pourvoi n° 17-22.021), la Cour rejette l'argument qui voulait faire d'un simple donné acte, lors d'un divorce, un engagement de donner. Un engagement de donner doit lui-même respecter la forme authentique de l'article 931. Enfin, le juge doit chercher le devoir de conscience quand il est en jeu. Le 19 décembre 2018 (pourvoi n° 17-27.855), elle censure une cour d'appel qui avait statué sur la demande de remboursement d'un concubin ayant payé seul le prêt d'une maison bâtie sur le terrain de sa compagne, sans rechercher si ce paiement ne répondait pas à un devoir de conscience.

Le devoir s'arrête à la fin de la seconde partie, parce qu'une dissertation juridique ne comporte pas de conclusion. Tes deux parties ont montré que le droit reconnaît le devoir de conscience tout en gardant la main sur ses effets. Si ton chargé de TD accepte une ouverture, tu peux terminer sur la question de savoir si le devoir de conscience entre concubins, très présent dans la jurisprudence, devrait recevoir un régime écrit.

Banque de sujets classiques, semestre par semestre

D'autres notions tombent régulièrement en dissertation de droit des obligations. Tu trouveras ci-dessous des sujets classiques, avec la piste de plan à suivre ou le lien vers la page qui traite déjà la notion.

Semestre 1, le contrat et le régime général

Semestre 2, la responsabilité civile

Les erreurs à éviter

  • Tu mélanges les deux effets de l'obligation naturelle. L'article 1302, alinéa 2, écarte la restitution du paiement volontaire. L'article 1100, alinéa 2, fait de son côté naître une obligation de l'exécution volontaire ou de la promesse d'exécution d'un devoir de conscience. Ce sont donc deux régimes différents, car chacun produit un effet distinct, et chacun mérite sa propre sous-partie.
  • Tu parles de novation pour la transformation. La Cour de cassation a elle-même corrigé ce mot dans l'affaire du Quinté+. Une novation remplace une ancienne dette civile, alors qu'ici aucune dette civile n'existait avant la promesse.
  • Tu écris que le concubin doit toujours payer. Les juges apprécient le devoir de conscience au cas par cas. Les arrêts de 2006 et de 2011 refusent la transformation, et celui du 19 décembre 2018 oblige les juges à rechercher le devoir avant de trancher.
  • Tu oublies l'ancien numéro des articles. Les décisions qui jugent des situations antérieures au 1er octobre 2016 visent l'article 1235, comme celle du 19 décembre 2018. Une copie qui cite l'article 1302 pour une décision de 1994, sans mentionner l'article 1235, laisse croire que tu ne connais pas la réforme.

Questions fréquentes

Comment faire une dissertation de droit des obligations en L2 ?

Tu définis chaque mot du sujet, tu en tires une problématique, puis tu construis un plan en deux parties et deux sous-parties. Chaque sous-partie s'appuie sur un article du Code civil ou sur un arrêt de la Cour de cassation, cité avec sa date et sa solution. Le devoir s'arrête à la fin de la seconde partie, sauf consigne contraire de ton chargé de TD.

Qu'est-ce qu'une obligation naturelle ?

Une obligation naturelle est un devoir de conscience que la loi ne sanctionne par aucune action en justice. Le Code civil lui reconnaît deux effets. D'après l'article 1302, alinéa 2, ce qui a été volontairement payé à ce titre ne se restitue pas, et d'après l'article 1100, alinéa 2, l'exécution volontaire ou la promesse d'exécution d'un devoir de conscience fait naître une obligation.

Une promesse de respecter un devoir de conscience oblige-t-elle vraiment ?

Oui, quand l'engagement existe et qu'il est libre. Dans l'arrêt du 10 octobre 1995, la première chambre civile juge que la promesse de verser 10 % d'un gain au Quinté+ transforme l'obligation naturelle en obligation civile, sans qu'une dette civile ait existé avant. Les juges du fond apprécient souverainement l'existence de l'engagement, et une simple aide régulière ne suffit pas à le prouver.

Existe-t-il des dissertations de droit des obligations corrigées en PDF ?

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Julien, professeur de droit

Julien

Professeur de droit · Master II Panthéon-Assas

Major puis vice-major de promo, #1 prof de droit sur Superprof avec 162 avis 5/5. Je donne aux étudiants en droit une méthode claire, qu'ils appliquent à chaque copie pour passer de la moyenne à la mention. Sur TrajectoireDroit, tu peux travailler avec mes fiches complètes et mes majeures préparées (les règles de droit à poser dans tes dissertations).

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Où se rangent ces dissertations dans le programme

Le droit des obligations se travaille article par article et se prolonge par la méthode de la dissertation, commune à toutes les matières. Les pages ci-dessous te permettent d'aller plus loin.

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