La fiche de révision de droit constitutionnel L1

La fiche de révision de droit constitutionnel L1 couvre deux semestres. Le premier semestre pose la théorie générale, de la notion d'État jusqu'à l'histoire constitutionnelle française. Le second semestre étudie la Ve République, de l'élection du Président au contrôle des lois par le Conseil constitutionnel. Cette page réunit donc le programme et les articles de la Constitution à citer. Elle présente ensuite les décisions à connaître et un exemple de réponse corrigée.

Le droit constitutionnel se révise avec des numéros et des dates. Le correcteur attend par exemple l'article 49, alinéa 3, ou la date de la décision Liberté d'association, et une approximation te coûte les points de la question. La matière se révise aussi par blocs, car chaque semestre a sa logique, théorique au premier et institutionnelle au second.

Cette page te sert de fiche de départ. Tu y vois le programme d'un coup d'œil, puis tu vérifies chaque point dans ton texte de la Constitution. Pour organiser tes semaines de travail, le guide pour réviser le droit constitutionnel en L1 détaille la méthode, alors que cette fiche réunit le contenu à retenir. Tu trouveras aussi la vue d'ensemble de la matière sur la page droit constitutionnel L1.

Fiche complète de droit constitutionnel L1 S1, couverture Trajectoire Droit

Fiche complète de droit constitutionnel L1

Les deux semestres, de l'État à la Ve République

La fiche du semestre 1 compte 197 pages et 19 chapitres, de la définition du droit constitutionnel jusqu'à la IVe République. La fiche du semestre 2 compte 123 pages et détaille les institutions de la Ve République, le Conseil constitutionnel et la révision. Chacune reprend les articles, les décisions et les schémas de chaque thème.

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Quel est le programme de droit constitutionnel en L1 ?

Les intitulés varient un peu d'une fac à l'autre. Ce découpage suit celui des deux fiches complètes, avec six thèmes au premier semestre et cinq au second.

Semestre 1, la théorie générale

L'introduction au droit constitutionnel

Tu commences par définir la matière, qui organise le pouvoir politique et protège les droits fondamentaux, puis par ses sources écrites et non écrites. La méthode vient ensuite, avec les quatre manières d'interpréter un texte, à savoir littérale, téléologique, systématique et historique. Le contrôle de proportionnalité s'y ajoute. Il vérifie d'abord l'adéquation de la mesure, puis sa nécessité, enfin sa proportionnalité au sens strict.

L'État et ses formes

Un État réunit un territoire, une population et une puissance publique. Tu étudies ensuite l'État unitaire, où un seul pouvoir politique s'exerce sur tout le territoire, l'État fédéral, qui superpose plusieurs niveaux de pouvoir, et l'État régional, qui accorde aux régions une autonomie plus large sans créer de fédération.

La souveraineté et les modes d'exercice du pouvoir

La souveraineté est le pouvoir suprême de commander, qui ne dépend d'aucun autre. La souveraineté nationale, issue de Sieyès, appartient à la Nation entière, alors que la souveraineté populaire, issue de Rousseau, appartient à chaque citoyen. La souveraineté nationale conduit à la démocratie représentative, car la Nation s'exprime par ses représentants. La souveraineté populaire conduit à la démocratie directe, car chaque citoyen détient une part du pouvoir.

La Constitution

Tu apprends comment une Constitution se crée, comment elle se révise, et quelle place elle occupe dans la hiérarchie des normes de Kelsen. Le bloc de constitutionnalité et le contrôle de constitutionnalité, politique ou juridictionnel, complètent cette partie.

Démocratie, suffrage et régimes politiques

Le suffrage est universel quand tous les nationaux majeurs votent, et les modes de scrutin se répartissent entre majoritaire et proportionnel. Tu étudies ensuite la séparation des pouvoirs, le régime présidentiel avec le modèle américain et le régime parlementaire avec le modèle britannique.

L'histoire constitutionnelle française

Cette partie suit les constitutions depuis la Révolution de 1789 jusqu'à la IVe République. Elle explique pourquoi la Ve République a été conçue en 1958 comme une réponse à l'instabilité des régimes précédents.

Semestre 2, la Ve République

La genèse de la Ve République

Tu étudies l'échec de la IVe République, la crise de mai 1958 et l'élaboration de la Constitution du 4 octobre 1958. Tu y apprends aussi les principes fondateurs du régime, un parlementarisme dit rationalisé, qui encadre le Parlement par des règles précises.

Le pouvoir exécutif

Le Président de la République, son statut, ses pouvoirs propres et ses pouvoirs partagés avec le Premier ministre, qui nécessitent un contreseing, constituent le premier bloc. Le Gouvernement, son organisation et la responsabilité du Président viennent ensuite. Le thème se termine par le couple exécutif, c'est-à-dire la cohabitation et le fait majoritaire.

Le Parlement

Tu étudies la composition de l'Assemblée nationale et du Sénat, le statut des parlementaires, puis le partage des domaines de la loi et du règlement (art. 34 et 37). La procédure législative et la fonction de contrôle suivent, avant les rapports de responsabilité entre le Gouvernement et l'Assemblée nationale, c'est-à-dire l'article 49 et la dissolution.

Le Conseil constitutionnel

Tu retiens son origine et son évolution, sa composition, le bloc de constitutionnalité, le contrôle a priori des lois (la décision DC) et la question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

La révision constitutionnelle et le droit supranational

Tu compares la procédure de révision de l'article 89 et le référendum de l'article 11, puis tu passes en revue les grandes révisions de la Ve République. Le thème se termine par la place de la Constitution face au droit de l'Union européenne et à la Convention européenne des droits de l'homme.

Quels articles de la Constitution connaître ?

Dix-sept références reviennent dans presque tous les sujets. Cite-les avec leur numéro, car un raisonnement appuyé sur le texte convainc davantage le correcteur.

Art. 1La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Son organisation est décentralisée depuis la révision de 2003.
Art. 3La souveraineté nationale appartient au peuple, qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Le suffrage est toujours universel, égal et secret.
Art. 5Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État.
Art. 6Le Président est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Depuis la révision de 2008, nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.
Art. 8Le Président nomme le Premier ministre. Il met fin à ses fonctions quand celui-ci présente la démission du Gouvernement.
Art. 11Le Président peut soumettre un projet de loi au référendum, sur proposition du Gouvernement ou des deux assemblées. Le texte porte sur l'organisation des pouvoirs publics, sur les réformes de la politique économique, sociale ou environnementale, ou sur la ratification d'un traité qui touche au fonctionnement des institutions. Depuis 2008, un cinquième des parlementaires, soutenu par un dixième des électeurs, peut aussi déclencher un référendum d'initiative partagée.
Art. 12Le Président peut prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale, après avoir consulté le Premier ministre et les présidents des assemblées. Il ne peut pas dissoudre de nouveau dans l'année qui suit les élections provoquées par cette dissolution.
Art. 16Quand les institutions, l'indépendance de la Nation, l'intégrité du territoire ou l'exécution des engagements internationaux sont menacées de manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est interrompu, le Président prend les mesures exigées par les circonstances.
Art. 20Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant le Parlement.
Art. 34 et 37L'article 34 énumère les matières que la loi fixe. L'article 37 confie au pouvoir réglementaire toutes les autres matières.
Art. 49L'alinéa 1 permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur son programme ou sur une déclaration de politique générale. L'alinéa 2 organise en outre la motion de censure, qui doit être signée par un dixième des députés au moins. L'alinéa 3 permet d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale, ou sur un autre texte par session. Ce texte est alors considéré comme adopté, sauf si une motion de censure est déposée dans les vingt-quatre heures et votée à la majorité des membres de l'Assemblée.
Art. 55Les traités régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l'autre partie.
Art. 56Le Conseil constitutionnel compte neuf membres nommés pour neuf ans, sans renouvellement possible. Le Président de la République, le président de l'Assemblée nationale et le président du Sénat en désignent trois chacun, et le Conseil est renouvelé par tiers tous les trois ans. Les anciens présidents de la République en sont membres de droit à vie.
Art. 61Les lois organiques doivent être soumises au Conseil constitutionnel avant leur promulgation, et les règlements des assemblées avant leur mise en application. Les autres lois lui sont déférées par le Président, le Premier ministre, le président d'une assemblée, soixante députés ou soixante sénateurs.
Art. 61-1 et 62Depuis la révision de 2008, appliquée depuis le 1er mars 2010, tout justiciable peut soutenir devant un juge qu'une loi porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit. Le Conseil d'État ou la Cour de cassation décide alors de renvoyer la question au Conseil constitutionnel. La disposition déclarée inconstitutionnelle est abrogée à compter de la publication de la décision, ou d'une date ultérieure que le Conseil fixe.
Art. 68Le Président ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. Le Parlement se constitue alors en Haute Cour.
Art. 89L'initiative de la révision appartient au Président, sur proposition du Premier ministre, et aux parlementaires. Le texte doit être voté en termes identiques par les deux assemblées, puis approuvé par référendum. Quand il s'agit d'un projet du Gouvernement, le Président peut aussi le soumettre au Parlement réuni en Congrès, qui l'adopte à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

État unitaire, fédéral ou régional, que retenir ?

Les trois formes d'État se comparent sur quatre points. Tu peux recopier ce tableau sur ta fiche et le compléter avec les exemples de ton cours.

Le pouvoir politiqueÉtat unitaire : un seul pouvoir politique et une seule Constitution, comme en France. État fédéral : deux niveaux de pouvoir, celui de la fédération et celui des États fédérés, qui possèdent chacun leurs institutions. État régional : un seul État, dont les régions reçoivent de larges compétences, y compris législatives.
Les exemplesL'État unitaire se rencontre en France. Les États-Unis et l'Allemagne sont des États fédéraux. L'Italie et l'Espagne sont des États régionaux.
La participation des entitésDans un État fédéral, les États fédérés participent à la décision fédérale, par exemple grâce au Sénat américain, qui représente chaque État. Dans un État unitaire ou régional, les collectivités n'ont pas de participation garantie au sens fédéral, c'est-à-dire sans pouvoir constituant propre ni partage constitutionnel des compétences.
La décentralisationDans un État unitaire, la décentralisation confie des compétences à des collectivités locales (art. 72 de la Constitution), sans que l'État perde son unité. La déconcentration, elle, reste interne à l'État, car elle donne seulement des pouvoirs à ses agents sur le terrain.

Pour approfondir la distinction entre pouvoir central et pouvoirs locaux, l'article sur la séparation des pouvoirs et celui sur la hiérarchie des normes t'apportent des exemples concrets.

Régime parlementaire ou régime présidentiel, que retenir ?

Cette comparaison revient souvent, en dissertation comme en question de cours. Tu la prépares sur cinq points.

Le principeRégime parlementaire : les pouvoirs collaborent et disposent de moyens d'action réciproques. Régime présidentiel : les pouvoirs sont séparés strictement et chacun reste indépendant de l'autre.
L'exécutifDans un régime parlementaire, l'exécutif est double, avec un chef de l'État et un gouvernement dirigé par un Premier ministre. Dans un régime présidentiel, le Président réunit les deux fonctions.
La responsabilitéLe gouvernement parlementaire est responsable devant le Parlement, qui peut le renverser. Le Président américain n'est pas responsable politiquement devant le Congrès, qui peut seulement le destituer par la procédure d'impeachment.
La dissolutionDans un régime parlementaire, le chef de l'État ou le gouvernement peut dissoudre l'assemblée. Le Président américain ne peut pas dissoudre le Congrès.
Les modèlesLe Royaume-Uni est le modèle du régime parlementaire, sous la forme d'une monarchie parlementaire. Les États-Unis sont le modèle du régime présidentiel. La Ve République mêle des traits de chacun, avec un Président élu au suffrage universel direct et un Gouvernement responsable devant l'Assemblée nationale.

Les dates de l'histoire constitutionnelle à retenir

Une date t'est utile quand tu sais ce qu'elle a changé. Pour chaque ligne, retiens donc le régime que le texte crée.

26 août 1789La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen affirme la liberté des citoyens et la séparation des pouvoirs, puis place la souveraineté dans la Nation. Elle fait aujourd'hui partie du bloc de constitutionnalité.
3 septembre 1791La première Constitution écrite instaure une monarchie constitutionnelle, dans laquelle le roi partage le pouvoir avec une assemblée.
1814La Charte constitutionnelle de Louis XVIII rétablit la monarchie après la chute de l'Empire.
1875Les lois constitutionnelles organisent la IIIe République, un régime parlementaire proclamé en 1870. Après la crise du 16 mai 1877, où le président Mac Mahon dissout la Chambre, la dissolution tombe en désuétude.
10 juillet 1940Les deux chambres, réunies en Assemblée nationale, votent les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Le lendemain, l'État français remplace dans les faits la IIIe République.
1946La Constitution de la IVe République, approuvée par référendum, est adoptée de justesse, avec 53 % de oui et 31 % d'abstention, après le rejet d'un premier projet en mai 1946.
4 octobre 1958La Constitution de la Ve République est promulguée, après son approbation par référendum le 28 septembre 1958.
1962Le référendum du 28 octobre 1962 instaure l'élection du Président de la République au suffrage universel direct, par la voie de l'article 11.
1971 et 1974La décision Liberté d'association du 16 juillet 1971 fait entrer le Préambule dans le contrôle des lois. La révision de 1974 ouvre la saisine du Conseil à soixante députés ou soixante sénateurs.
2000 et 2008La réduction du mandat présidentiel à cinq ans date de 2000. La révision du 23 juillet 2008 crée la QPC et limite le Président à deux mandats consécutifs.

Quelles décisions connaître en droit constitutionnel ?

Huit décisions couvrent le bloc de constitutionnalité, la place des traités et le rôle du Conseil constitutionnel. Pour chacune, note sur ta fiche la solution en une phrase et ce qu'elle a changé.

Liberté d'association · Cons. const., 16 juillet 1971, n° 71-44 DC

Le Conseil censure une loi qui soumettait la création d'une association à un contrôle préalable du juge, parce qu'elle viole la liberté d'association. Il s'appuie en effet sur les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, que le Préambule de la Constitution de 1958 réaffirme solennellement. Le contrôle de constitutionnalité s'étend donc au Préambule, et par lui à la Déclaration de 1789 et au Préambule de 1946. Le détail se trouve dans la décision Liberté d'association expliquée.

Interruption volontaire de grossesse · Cons. const., 15 janvier 1975, n° 74-54 DC

Le Conseil refuse d'examiner si la loi respecte un traité, ici la Convention européenne des droits de l'homme. Il estime que la supériorité des traités sur les lois (art. 55) est relative et contingente, parce qu'elle dépend de la réciprocité, alors que ses propres décisions sont absolues et définitives. Les juges ordinaires exercent donc ensuite ce contrôle de conventionnalité. Tu retrouves cette solution dans la décision IVG expliquée.

Loi référendaire · Cons. const., 6 novembre 1962, n° 62-20 DC

Le Conseil se déclare incompétent pour contrôler une loi que le peuple a adoptée par référendum, parce qu'elle exprime directement la souveraineté nationale. Cette décision illustre aussi la controverse de 1962, car la révision sur l'élection du Président n'avait pas suivi la procédure de l'article 89.

Loi de révision · Cons. const., 26 mars 2003, n° 2003-469 DC

Le Conseil juge qu'il n'a pas le pouvoir de contrôler une loi constitutionnelle votée par le constituant. Sa compétence se limite en effet aux textes que la Constitution lui confie, par exemple les lois ordinaires et les lois organiques.

Volonté générale · Cons. const., 23 août 1985, n° 85-197 DC

Le Conseil affirme que la loi exprime la volonté générale seulement dans le respect de la Constitution. La loi n'est donc plus l'expression incontestable de la volonté générale, puisqu'elle doit respecter la Constitution.

Sarran · CE, Assemblée, 30 octobre 1998

Le Conseil d'État juge que la Constitution se situe au sommet de l'ordre juridique interne, au-dessus même des traités. La Cour de cassation adopte la même solution dans l'arrêt Fraisse du 2 juin 2000. Auparavant, l'arrêt Nicolo (CE, 20 octobre 1989) avait déjà permis au juge administratif d'écarter une loi contraire à un traité.

Garde à vue · Cons. const., 30 juillet 2010, n° 2010-14/22 QPC

C'est l'une des premières grandes QPC. Le Conseil juge ainsi plusieurs dispositions du Code de procédure pénale contraires à la Constitution, parce que la garde à vue ne garantissait pas assez les droits de la défense, protégés par les articles 9 et 16 de la Déclaration de 1789. En effet, il reporte l'abrogation au 1er juillet 2011 pour laisser au législateur le temps de réécrire le texte. Tu le retrouves dans l'arrêt QPC sur la garde à vue expliqué.

Herrou · Cons. const., 6 juillet 2018, n° 2018-717/718 QPC

Le Conseil reconnaît la valeur constitutionnelle du principe de fraternité. Il en déduit donc la liberté d'aider autrui dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour. Cette liberté a toutefois des limites, car le Conseil a censuré les mots « au séjour irrégulier » de la loi, avec un effet reporté au 1er décembre 2018. Le principe de fraternité apparaît d'ailleurs dans la devise de la République, à l'article 2 de la Constitution.

Un exemple de cas pratique en droit constitutionnel

Voici un mini cas pratique, corrigé selon la méthode que tu appliques à tous tes sujets. Il porte sur la dissolution, qui relève de l'article 12.

Énoncé. Le Président de la République dissout l'Assemblée nationale le 3 avril. Les élections législatives ont lieu les 12 et 19 mai, et la nouvelle majorité s'oppose au Président. En février de l'année suivante, celui-ci veut dissoudre de nouveau l'Assemblée. Un journaliste demande si le Premier ministre devra contresigner le décret de dissolution et si le Président peut le prendre.

Problèmes de droit. Un Président peut-il dissoudre de nouveau l'Assemblée nationale dans l'année qui suit des élections provoquées par une première dissolution ? Le décret de dissolution exige-t-il le contreseing du Premier ministre ?

Règles. L'article 12 donne au Président le pouvoir de dissoudre l'Assemblée nationale après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées. Il précise en outre qu'aucune nouvelle dissolution ne peut intervenir dans l'année qui suit les élections provoquées par cette dissolution. Enfin, d'après l'article 19, la dissolution fait partie des actes du Président dispensés de contreseing.

Application et conclusion. Les élections se sont tenues en mai, et février de l'année suivante tombe moins d'un an après. Le Président ne peut donc pas dissoudre l'Assemblée à cette date, même s'il dispose seul du pouvoir de dissoudre. Quant au contreseing, il serait inutile, car la dissolution est un pouvoir propre du Président. Il doit en revanche consulter le Premier ministre et les présidents des assemblées, même si leur avis ne le lie pas. Pour dissoudre de nouveau, il devra donc attendre mai de l'année suivante, un an après le scrutin.

Cet exemple suit donc la méthode en quatre temps. Tu poses le problème de droit, tu énonces la règle, tu l'appliques aux faits, puis tu conclus. La méthode du cas pratique détaille chaque étape. Pour une question de cours sur les institutions, la page sur le TD de droit constitutionnel corrigé montre en effet comment présenter la réponse.

Contrôle a priori ou QPC, que retenir ?

Les deux contrôles relèvent du même juge, avec deux procédures différentes. Tu les distingues sur cinq points dans le tableau suivant.

Le momentLa décision DC intervient avant la promulgation de la loi (art. 61). La QPC intervient après, quand la loi est déjà en vigueur (art. 61-1).
Qui saisit le ConseilPour une DC, le Président, le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale ou du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs. Pour une QPC, c'est le Conseil d'État ou la Cour de cassation, qui transmet la question posée par un justiciable devant un juge.
Le texte contrôléLa DC porte sur une loi qui n'est pas encore promulguée. La QPC porte sur une disposition législative en vigueur, que le justiciable estime contraire à ses droits et libertés.
Le délaiPour une DC, le Conseil a un mois pour statuer, ou huit jours si le Gouvernement déclare l'urgence. Pour une QPC, il dispose de trois mois.
L'effetUne disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut pas être promulguée (art. 62, alinéa 1). Après une QPC, elle est abrogée à compter de la publication de la décision ou d'une date ultérieure que fixe le Conseil (art. 62, alinéa 2).

La page sur la question prioritaire de constitutionnalité détaille la procédure et les conditions du renvoi.

Quelles erreurs coûtent le plus de points ?

Quatre erreurs reviennent copie après copie. Vérifie chacune sur ta propre fiche.

Confondre souveraineté nationale et souveraineté populaire

La souveraineté nationale appartient à la Nation, un être collectif et abstrait, ce qui conduit au mandat représentatif et à un suffrage qui peut être conçu comme une fonction. La souveraineté populaire appartient à chaque citoyen, ce qui conduit au mandat impératif et à un suffrage conçu comme un droit. La Constitution de 1958 combine ainsi les deux, car l'article 3 fait appartenir la souveraineté nationale au peuple, qui l'exerce par ses représentants et par le référendum. En revanche, l'article 27, qui déclare nul tout mandat impératif, relève du versant national.

Confondre contrôle de constitutionnalité et contrôle de conventionnalité

Le contrôle de constitutionnalité compare une loi à la Constitution et appartient au Conseil constitutionnel. Le contrôle de conventionnalité compare une loi à un traité et appartient aux juges ordinaires, depuis l'arrêt Jacques Vabre de la Cour de cassation de 1975 et l'arrêt Nicolo du Conseil d'État de 1989. La décision IVG de 1975 sert de référence pour cette distinction.

Présenter l'article 49, alinéa 3 comme une adoption sans aucun contrôle

Le texte est considéré comme adopté sans vote, mais seulement si aucune motion de censure n'est votée. Une motion adoptée à la majorité des membres de l'Assemblée renverse le Gouvernement, et le texte est alors abandonné. Depuis 2008, cette procédure se limite aux projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale, plus un autre texte par session.

Mélanger les procédures de révision

La voie normale de l'article 89 exige le vote identique des deux assemblées, puis un référendum ou un vote du Congrès à la majorité des trois cinquièmes. L'article 11 permet de soumettre un texte au référendum sans que le Parlement vote le texte. Il a servi à réviser la Constitution en 1962 pour l'élection du Président au suffrage universel, et cet usage reste discuté. Pense aussi à vérifier que le sujet ne porte pas sur une limite à la révision, par exemple la forme républicaine du gouvernement, que l'article 89 interdit de réviser.

Dans quel ordre réviser le droit constitutionnel ?

Commence par le premier semestre, car la Ve République s'y comprend mieux une fois la théorie acquise. Tu apprends d'abord la notion d'État et la souveraineté, puisque la distinction entre souveraineté nationale et populaire explique ensuite le débat sur le mandat représentatif. La hiérarchie des normes et le bloc de constitutionnalité viennent juste après, parce que tu les réutilises dans tous les sujets sur le Conseil constitutionnel.

Au second semestre, commence par l'exécutif. Le Parlement vient ensuite, et le Conseil constitutionnel termine ta révision. Dans chaque thème, fais un tableau à trois colonnes avec la notion, l'article qui la fonde et la solution en une phrase, puis relis-le à voix haute une semaine avant l'examen. Pour t'entraîner à la rédaction, tu peux t'appuyer sur la méthode de la dissertation juridique et comparer ta fiche avec celle de droit civil L1, qui suit la même logique de révision.

Questions fréquentes sur le droit constitutionnel en L1

Que faut-il réviser en droit constitutionnel en L1 ?

Le premier semestre porte sur la théorie générale, c'est-à-dire l'État, la souveraineté, la Constitution, la séparation des pouvoirs et l'histoire constitutionnelle. Le second semestre étudie la Ve République, avec le pouvoir exécutif, le Parlement, le Conseil constitutionnel et la révision de la Constitution.

Quelle différence entre un régime parlementaire et un régime présidentiel ?

Dans un régime parlementaire, l'exécutif est double et le gouvernement est responsable devant le Parlement, qui peut le renverser, alors que l'exécutif peut dissoudre l'assemblée. Dans un régime présidentiel, le Président réunit les deux fonctions de l'exécutif, il n'est pas responsable politiquement devant le Congrès et il ne peut pas le dissoudre. Les États-Unis sont le modèle du second, le Royaume-Uni celui du premier.

Qu'est-ce que le bloc de constitutionnalité ?

C'est l'ensemble des textes et des principes que le Conseil constitutionnel utilise pour contrôler une loi. Il comprend le texte de la Constitution de 1958, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946 et la Charte de l'environnement de 2004, ainsi que les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. La décision Liberté d'association du 16 juillet 1971 a ouvert cette voie.

Quelle différence entre le contrôle a priori et la QPC ?

Le contrôle a priori (la décision DC) porte sur une loi avant sa promulgation, sur saisine des autorités ou de soixante parlementaires. La QPC porte sur une loi déjà en vigueur, quand un justiciable soutient devant un juge qu'elle porte atteinte à ses droits et libertés. Le Conseil d'État ou la Cour de cassation filtre la question avant de la transmettre au Conseil constitutionnel.

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